40/un vent pavillonnaire


Cette vieille plaisanterie, le Seigneur disant à Pierre, je vois ta maison d’ici. Personne ne joue de si froid bon matin dans les cours des fermes abandonnées. Le long de ce train, rempli bientôt seulement que d’oisifs aisés et de cadres remboursés sur justificatif, il y a une campagne morte où les animaux malodorants, broutants et bruyants ont été remplacés par de petits pavillons crépis de beige clair, à fenêtre carrées, huisseries blanches en p.v.c., avec au bout du jardinet clôturé de fer des piscines hors sol toutes bâchées du même bleu vernissé.

Pourquoi voudriez-vous toujours que nous imaginions de petites vies dans ces briques Lego posées dans ce paysage qui les défie. Elles ne feront pas de belles ruines, ni les maisons, ni les vies. Entre les usines et les parkings tant ordonnés, couverts de voitures neuves, il y a un cheval à qui le vent glacé ne fait rien.

texte et image (sauf si mention) : Pierre C. - 13 mars 2012



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