69/ vérité


Toujours cette crainte d’avoir froid, que les autres aient froid, que les autres pensent autre chose que nous, que leurs idées soient plus claires, plus fermes, plus assurées que les nôtres et qu’au final ils l’emportent tout en ayant tort. La vérité ne se manifestera plus d’elle-même, elle ne sautera plus de branche en branche, comme un faune pour venir prendre le soleil dans une clairière où alternent les frênes, les chênes et quelques hêtres. Elle est réfugiée, inaccessible, indésirable, c’est une compagne gênante et malcommode. L’enfant ne se doute de rien, il dort, comme dort la vérité, avec la calme indifférence de la mort, on ne sait d’ailleurs si la mère lui fait une couverture ou linceul ; là-bas ruines et nuages sont pour les autres. Finalement nous le laisserons là, nous n’en avons plus besoin, aucun savoir désormais ne nous convient.

Nous raconterons des histoires.

texte et image (sauf si mention) : Pierre C. - 27 septembre 2013




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