parmentier (ligne 3)


Louons celui qui un jour proposa de dédier entièrement la décoration des quais de la station Parmentier à une glorification pédagogique de la pomme de terre et de son bienfaiteur français Antoine Augustin du nom de la station.
Assombrie de claies vertes évoquant l’horticulture, ornée de panneaux pivotants bloqués d’une poussière si épaisse qu’elle semble de la suie, c’est une grotte.
Avec de la patience et de bons yeux on peut découvrir quelles étaient en 1977 les principales régions productrices et quelles délicieuse recettes variées et originales le brillant tubercule autorise.
Station totale, la logique de décoration thématique est poussée à l’assise : les sièges sont la fidèle reproduction de siège de tracteur en fonte ; trois quart de cercle ajourés de trou, avec un renflement marqué à l’entrejambe. On y est bien.

Le dispositif, comme on ne disait pas encore, oriente notre regard vers un renfoncement, une alcôve où se trouve, dans une matière brillante et opaque qui semble de la résine, la statue d’Antoine Augustin faisant don de la pomme de terre à un pauvre à genoux, le sauvant sûrement d’une misère affamée et des cultures incertaines.

Gloire à la patate.

Se dépêcher, il semble que déjà la lumière soit plus claire, bientôt, c’est à craindre, l’omniprésent carreau de faïence.

texte et image (sauf si mention) : Pierre C. - 4 novembre 2008




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