jugement


Un effort permanent et inaperçu à soi pour collecter les signes en vue du jugement ; là le réel du dispositif, de l’organisation, de la construction sociale à laquelle nous appartenons.

Dorsale d’une société, enseignant, cadre moyens, intellectuels reclassés, nous vivons dans un monde de papier rendu vivable par la bonne conscience, cet habituel instrument du malheur.

Plus que les esclaves, moins que les maîtres, parfois l’un, parfois l’autre ; nous plaignons les uns avec méfiance et méprisons les autres avec envie.
Il faut le monde soit jugé pour ne pas être entièrement subi et le vote occupe notre entière capacité d’action.

L’énoncé du jugement prime sur sa justification, sur la construction de l’analyse. Tout de suite savoir et dire si une chose est bonne ou mauvaise, une politique, un livre, un restaurant. Tout cela sans pourquoi, ou d’un pourquoi interchangeable (bien écrit, bien filmé, fasciste) ; coup de cœur et étoiles.
Le fonds commun nécessaire à la discussion en vient à remplacer le contenu réel ; rendant tout désaccord impossible et toute différence marginale, neutralisant par avance toute critique, toute pensée critique. Toute discussion vise à dire « nous sommes d’accord » et à faire de cet accord un contenu, un savoir positif, celui du jugement.

Refuser cela c’est ne plus disposer que des armes du mensonge et de l’insulte, disent-ils.

Faire que ce réel ne devienne pas tout le réel.

texte et image (sauf si mention) : Pierre C. - 23 juin 2009




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